Comment nous évaluons les villes de France
Choisir sa ville agrège des données officielles françaises pour produire des indicateurs comparables et transparents. Cette page documente les sources utilisées, le traitement appliqué et les limites à connaître.
Pour l'attribution complète des sources : page sources.
Le scoring multi-critères
Les critères réellement notés
Le classement repose sur un nombre volontairement restreint de critères, tous calculés à partir de données réelles. Nous préférons un petit ensemble de critères fiables à une longue liste d'axes dont certains seraient des coquilles vides. Un critère n'est exposé que si une donnée réelle le discrimine commune par commune.
- Sécurité — indicateur « Préoccupations quotidiennes » dérivé des données SSMSI (Ministère de l'Intérieur)
- Prix d'achat — médiane du prix au m² des ventes DVF (DGFiP / Etalab)
- Loyers — loyer d'annonce médian au m² (Carte des loyers, Ministère de la Transition écologique)
- Mobilité — temps de trajet vers vos destinations du quotidien (Valhalla / OpenStreetMap)
- Commerces et services — densité et diversité (INSEE BPE)
- Écoles et petite enfance — offre d'enseignement (INSEE BPE)
- Santé — offre de soins de proximité (INSEE BPE)
- Vie sociale — sport, loisirs, culture, associations (INSEE BPE)
Deux règles d'activation s'appliquent. Les critères de prix (achat et loyer) ne sont notés que lorsqu'aucun budget n'est défini : dès que vous fixez un plafond, le budget devient un filtre d'élimination (voir plus bas) et le prix cesse d'être un critère de score — il reste affiché à titre informatif dans chaque résultat. Le critère Mobilité n'est actif que si vous renseignez au moins une destination à l'étape Trajets ; sans destination, il n'existe aucun signal de mobilité exploitable et le critère est retiré.
Trois dimensions souvent attendues ne sont volontairement pas notées aujourd'hui. Le climat est consultable comme indicateur d'information (voir la section dédiée plus bas) mais ne pèse pas encore dans le score. L'emploi local est affiché comme « bientôt disponible » dans le parcours guidé : les données ne sont pas encore intégrées et nous refusons d'exposer un curseur qui ne discriminerait rien. La nature (couverture végétale fine) n'est pas encore disponible et n'est donc pas proposée. Afficher un axe pondérable dont le résultat serait constant pour toutes les communes serait une tromperie : nous ne le faisons pas.
La comparaison par catégorie urbaine
Comparer un village à une métropole n'a pas de sens. Les taux de délinquance, les prix immobiliers et la densité d'équipements augmentent mécaniquement avec la taille urbaine. Afficher un score "national brut" classerait systématiquement les grandes villes comme dangereuses et les villages comme parfaits — ce qui ne correspond pas à la réalité des habitants.
Nous utilisons les tranches d'unité urbaine INSEE : neuf tranches officielles, de la commune rurale (hors unité urbaine) à l'agglomération de Paris (≥ 2 millions d'habitants), en passant par les petites unités urbaines, les villes moyennes et les grandes agglomérations. Chaque commune est comparée exclusivement aux communes de sa propre tranche. Le score répond alors à la vraie question : « cette ville est-elle bien ou mal lotie par rapport à des villes du même profil ? »
Concrètement, cela évite l'absurdité d'un 16ᵉ arrondissement de Paris classé « élevé » en sécurité parce qu'on le comparerait à 35 000 communes rurales, alors qu'il est en réalité parmi les plus sûrs de la zone parisienne. Une commune de banlieue dense est comparée aux autres communes de son agglomération, pas à un village isolé. Cette normalisation intra-tranche garantit aussi qu'un même score a la même signification partout : un 0,82 à Lyon vaut un 0,82 à Montpellier, et deux recherches menées dans deux régions différentes restent comparables.
Le budget : un filtre, jamais un critère de score
Le budget que vous indiquez (loyer ou prix d'achat maximal) est une contrainte non négociable, pas une préférence pondérable. Une commune dont le prix médian dépasse votre plafond — au-delà d'une légère tolérance — est éliminée avant le scoring : elle n'apparaît pas dans les résultats, même avec un excellent profil par ailleurs. La raison est de bon sens : une commune « parfaite mais hors budget » n'est pas un bon résultat. Scorer le loyer le plus bas dans la fourchette éligible reviendrait par ailleurs à récompenser les marchés déprimés, ce qui n'a aucun sens pour qui cherche où vivre.
Le score de correspondance
À l'étape « Ce qui compte pour vous », vous sélectionnez jusqu'à trois critères parmi ceux disponibles. Les critères choisis reçoivent un poids fort ; tous les autres conservent un poids de base faible et égal. Ce choix volontairement limité élimine le biais de désirabilité sociale (personne n'ose cocher « la sécurité m'est égale ») et produit de vraies préférences plutôt que des réponses moralement filtrées.
Le moteur procède ensuite par étapes, toujours dans le même ordre : on part des 35 000 communes françaises, on applique le filtre géographique (zone, rayon), puis le filtre budget, puis seulement le scoring sur les communes restantes, et enfin on conserve les meilleures. Chaque critère est ramené à un score normalisé entre 0 et 1 ; le score final est la somme pondérée de ces scores. Le résultat s'affiche en pourcentage de correspondance, décomposé critère par critère (le « détail ») : vous voyez exactement ce qui tire une commune vers le haut ou vers le bas. Aucun comparateur grand public n'offre ce niveau de transparence.
Données sécurité — SSMSI
La source
Le Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure (SSMSI, Ministère de l'Intérieur) publie annuellement les statistiques communales de délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales. Ces données couvrent la période 2016–2025 et sont mises à jour chaque année en mars. Elles sont publiées sous Licence Ouverte 2.0 sur data.gouv.fr.
Un seul indicateur : « Préoccupations quotidiennes »
Plutôt qu'un total brut de délinquance — qui mélange des faits sans rapport avec le vécu résidentiel — nous calculons un indicateur unique qui pondère plus fortement les faits corrélant au ressenti d'insécurité, conformément aux travaux du SSMSI (Document de travail n°1, « Sentiment d'insécurité : quelle influence de la délinquance dans le voisinage ? »).
Sa pondération est la suivante : cambriolages de logement 25 %, coups et blessures dans l'espace public 20 %, dégradations volontaires 20 %, vols avec ou sans arme et violences sexuelles 30 %, vols de véhicules 5 %. Sont délibérément exclus les faits sans corrélation significative avec le ressenti (vols simples, vols dans les véhicules, infractions liées aux stupéfiants).
Un ancien total pondéré « atteintes physiques / biens / tranquillité », autrefois affiché comme une seconde jauge « délinquance enregistrée », a été retiré : cette heuristique n'était pas démontrée empiriquement et brouillait la lecture. Il n'y a donc plus qu'un seul chiffre : celui des préoccupations quotidiennes. C'est lui qui colore la carte et alimente le critère « Sécurité » de la recherche, garantissant que la carte et le classement racontent exactement la même histoire.
À partir de cet indicateur, un percentile est calculé dans la tranche urbaine de la commune, puis traduit en cinq niveaux : Très faible (les 20 % les moins touchées de la tranche), Faible, Modérée (autour de la médiane), Élevée, et Plus élevée (les 20 % les plus touchées). Le panneau commune affiche en complément une tendance pluriannuelle textuelle (en hausse, stable, en baisse) plutôt qu'une courbe difficile à interpréter. Un classement national par tranche urbaine reprend ce même indicateur, ville par ville.
Les limites
Les données SSMSI mesurent les faits enregistrés, pas l'exhaustivité des faits commis. Le biais déclaratif varie selon les zones (zones urbaines denses ont des taux de dépôt de plainte plus élevés). Certaines communes de très petite taille (< 100 habitants) peuvent manquer de données pour un ou plusieurs indicateurs.
Taux de délinquance enregistré — pas un indicateur de sécurité perçue.
Données immobilières — DVF
La source
Les Demandes de Valeurs Foncières (DVF) sont produites par la Direction Générale des Finances Publiques (DGFiP) et publiées par Etalab sous Licence Ouverte 2.0. Elles enregistrent toutes les mutations immobilières déclarées aux services de publicité foncière — c'est-à-dire les transactions réelles enregistrées par les notaires, pas des prix d'annonce. Le millésime actuel couvre 2020–2025, mis à jour semestriellement (avril et octobre).
Notre traitement
Les transactions sont agrégées dans des hexagones H3 résolution 9 (rayon ~300 m). Pour chaque hexagone, nous calculons la médiane du prix au m² — jamais la moyenne, pour limiter l'effet des valeurs extrêmes. Les médianes sont arrondies à 50 €/m² pour éviter une précision trompeuse.
Conformément au RGPD, seuls les hexagones avec un minimum de 5 transactions sur les 24 derniers mois sont affichés. En dessous de ce seuil, l'hexagone reste grisé pour protéger la confidentialité des vendeurs, et le nombre exact est masqué tant qu'il reste inférieur à 10. Les types de biens sont distingués (filtre Tous / Maisons / Appartements), chaque variante étant calculée indépendamment avec ses propres seuils de couleur.
Sont exclues du calcul les mutations atypiques (donations, démembrements de propriété, ventes avec soulte) qui ne reflètent pas un prix de marché. Un indicateur de fiabilité accompagne chaque zone : « Fort » à partir de 30 transactions (prix très fiable), « Moyen » entre 10 et 29 (prix indicatif fiable), « Faible » en dessous de 10 (à interpréter avec prudence). Les données DVF accusent par ailleurs un délai de publication de 3 à 6 mois.
Les limites
Les DVF reflètent des transactions passées — elles ne constituent pas une estimation de la valeur actuelle d'un bien. Les zones rurales à faible volume de transactions sont sous-représentées (hexagones souvent vides). Les prix peuvent varier significativement au sein d'une même commune selon le quartier.
DVF · Médianes de transactions passées — pas une estimation immobilière.
Données qualité de vie
Équipements — INSEE BPE 2024
La Base Permanente des Équipements (BPE) recense 2,83 millions d'équipements répartis en ~200 types (santé, éducation, commerces, sports, culture, services publics…). Nous utilisons une sélection d'environ 30 catégories pertinentes pour le choix résidentiel : médecin généraliste, pharmacie, école primaire, collège, lycée, supermarché, boulangerie, gare, piscine, bibliothèque, crèche, urgences, etc.
Le score équipements combine la densité (nombre d'équipements pour 1 000 habitants) et la diversité (variété des catégories présentes) au sein d'un rayon de 5 km autour de la commune.
Trois familles d'équipements
Tous les équipements ne se valent pas selon l'usage. Nous distinguons trois familles. Les équipements de proximité (boulangerie, pharmacie, parc) apportent un bonus quand ils sont présents dans la commune, sans pénaliser leur absence. Les équipements de zone (collège, lycée, hôpital, gare) sont évalués sur leur disponibilité dans un rayon raisonnable, car on accepte de s'y rendre en voiture ou en transport. Les équipements générateurs de trajet (crèche, école maternelle) relèvent d'un déplacement quotidien et sont traités comme des équipements de zone.
Dans le parcours guidé, les critères d'équipement sont regroupés en familles lisibles : Commerces et services, Sport / loisirs / culture, Santé, Enseignement et petite enfance. Vous pouvez préciser des sous-catégories : ces précisions affinent la carte et nourrissent nos analyses, mais le score s'active au niveau de la famille pour rester stable et compréhensible.
Loyers — Carte des loyers 2025
Les loyers proviennent du jeu de données « Carte des loyers » publié sur data.gouv.fr par le Ministère de la Transition écologique. Les valeurs sont estimées par l'ANIL à partir des annonces locatives du Groupe SeLoger et de leboncoin, puis modélisées statistiquement commune par commune. Chaque commune reçoit un loyer d'annonce prédictif en €/m² par mois, pour un logement standard.
Quatre variantes sont calculées indépendamment (tous biens, maisons, appartements T1-T2, appartements T3+). Il s'agit de loyers d'annonce : ils sont en moyenne 10 à 15 % supérieurs aux loyers réellement signés, et sont indicatifs, pas une évaluation au sens réglementaire. Ces données sont réutilisables librement sous réserve de mentionner la source (la fiche data.gouv.fr ne spécifie pas de licence formelle).
Climat — Météo-France SIM2 (indicateur consultable)
Le modèle SAFRAN SIM2 de Météo-France fournit des données climatiques historiques sur une grille de 8×8 km, rattachées à chaque commune par sa maille la plus proche. Nous en tirons trois indicateurs : température annuelle moyenne, précipitations annuelles cumulées, et nombre de mois froids (température moyenne ≤ 3 °C). La fenêtre de référence est de 11 ans (2015–2025), choisie pour rester représentative du climat actuel tout en lissant les anomalies annuelles.
Ces indicateurs sont consultables sur la carte et dans le panneau commune, mais ne pèsent pas encore dans le score de correspondance : tant que le critère n'est pas branché sur ces données réelles dans le moteur, nous ne l'exposons pas comme un curseur pondérable. La résolution de 8×8 km ne capture pas les microclimats locaux (effets de versant, fonds de vallée, frange côtière étroite).
Temps de trajet — Valhalla / OpenStreetMap
Les temps de trajet sont calculés avec Valhalla, un moteur de routage open source auto-hébergé, sur le réseau routier OpenStreetMap (sens uniques, restrictions, limitations de vitesse respectées). Sans heure de trajet renseignée, la durée correspond au trajet fluide. Lorsqu'une heure est renseignée, la durée est ajustée par un profil de congestion statistique tenant compte de la densité de la commune de destination et du créneau horaire.
Ces profils sont construits exclusivement à partir de sources publiques françaises : l'Enquête Mobilité des Personnes 2019 (SDES, Ministère de la Transition écologique) et les données de capteurs routiers du Cerema (jeu AVATAR). Aucun service de trafic temps réel ni donnée propriétaire n'est utilisé, ce qui garantit la reproductibilité des calculs. Le profil applique une incertitude de l'ordre de ±20 %, à laquelle s'ajoute une marge de sécurité d'environ 10 % : ces durées servent à comparer des communes, pas à remplacer un GPS.
Itinéraires et temps de trajet © les contributeurs OpenStreetMap, sous licence ODbL 1.0.
Ce que le score ne mesure pas
Le score de Choisir sa ville est un point de départ, pas un substitut à la visite terrain ou à une connaissance locale approfondie. Plusieurs dimensions importantes n'y sont pas capturées :
- Le dynamisme économique local (taux de chômage communal, créations d'entreprises)
- La qualité individuelle des établissements scolaires (résultats, projets pédagogiques)
- La vie de quartier, l'ambiance sociale, les réseaux informels
- L'attractivité culturelle de niche (galeries, scènes musicales, associations sportives spécifiques)
- Les projets d'aménagement en cours (ZAC, démolitions, nouvelles infrastructures)
- La qualité de l'air fine (PM2.5, NO2 au niveau de la rue)
Un score élevé identifie une commune statistiquement favorable sur les critères mesurés. Il ne garantit pas que cette commune correspondra à votre mode de vie, vos réseaux sociaux ou vos aspirations personnelles. Utilisez nos données comme un filtre initial pour réduire le champ des possibles, pas comme une décision finale.
Contact et transparence
Une question sur la méthode, une anomalie constatée sur une commune, une suggestion de source à intégrer ?
contact@choisirsaville.frAttribution complète des sources : /sources